les pérégrinations écrites de lukrate

13 octobre 2017

Brèves du hangar

Brèves du hangar

 

Ton indulgence envers autrui n'est qu'une partie des arcboutants censés contrebalancer l'ascétique exigence gravée dans ton marbre.

 

Cette île dépasse celle-là. Les océans nous montrent donc plusieurs niveaux.

 

Un jour, j'ai rangé dans ma viande cet outil inutile. Comme j'aimerais te le rendre si je pouvais...

 

Obscur, mécanique, dégradant et instinctif ; c'était une sombre histoire de culte !

 

Je crois finalement que je n'écris que pour nourrir les autodafés.

 

Je suis jaloux de ce carré de chocolat qui te comblera et que tu aimeras jusqu'à sa totale disparition.

 

Hier j'ai aimé sincèrement un Pernand-Vergelesses mais ce n'était pas réciproque...

 

Les stries de lumière lacèrent le ciel obscur, l'enfant me les montre et m'apprend que c'est là le bout du monde. Nous voudrions y aller.

 

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03 octobre 2017

sans fleurs

 

Tu n'as pas acceptée ,

merci,

ces myosotis jamais cueillis.

prend cette croix sur papier kraft,

Ellis island, erase, oublis,

un signe de plus, vide de sens.

Là...sous ton nez.

insanité.

Sers-t'en,

please,

pourvu qu'en son usage,

 tu finisses par m'oublier tout simplement,

ou me rejoignes enfin,

adieu...

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22 juillet 2017

Quatre heures à la lucarne

 

 

Un nid de scorpions dans la gorge, il broie du noir.

Un orage sur ses lourdes joues, il s'en va quérir son karma, traire son destin.

L'ancêtre juvénile n'a plus la Foi, mais il avance néanmoins.

 

Quatorze corneilles sur un pilonne le ramènent un instant sur ce plan, en ce monde cerné de sentinelles.

N'ayant pas pris son dernier verre, il connaît pourtant la sentence.

 

Les rais de soleil inondent la plaine cultivée, les nuages éventrés ne réchauffent plus les brebis égarées.

En file indienne, en rang par deux, parfois, elles piétinent sans le savoir jusqu'au jour funeste du grand compost.

"Ah l'auguste délivrance qu'est la pieuse apparition du grand abattoir !"

 

Le gris du matin garde les traces discrètes du rose du soir. Le parfait bitume pourfend le paysage, tranche en deux la carte postale. Et l'homme le chevauche pris dans un balais monstrueux, un bestiaire monotone.

Vrombissement dans les oreilles, il l'a bien vu cette ingénue, endormie, affalée, épuisée. Les pieds boueux comme les autres, elle dort. Moteur à sec, cerveau limpide, il entre en rage.

Sans sourciller, juste un sourire, la colère monte.

Pour se prouver qu'il est en vie, il la couchera sur papier avant que l'abysse ne s'éloigne,

laissant place à un autre gouffre sous le sternum.

 

 

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30 juin 2017

Griffon sur grand aigle ou les raisins de Jésus...

Griffon sur grand aigle

 

Du papier en rouleaux, en ramettes, en copeaux...

Encore du PQ pour colmater les brèches...

Favélas, hémicycle...

pour nous, cancéreux, diplômés...

espaces  vierges...

espoir, demain, dessins...

des tas d'immondices, des grand lieux

 aux anciens monstres....

Monstre....MOntre...MONtre...MONTre...MONTRe...MONTRE...

...LES DENTS!

Bruit Blanc, Bruit Blanc, Bruit Blanc, Bruit Blanc...

...puis du chaos sort une structure...

Bruit Blanc, Bruit Blanc, Bruit Blanc,

un mot...

S'extirpe une porte donnant sur rien...

Bruit Blanc, Bruit Blanc,

gestation, génocide, arbitraire, déception!

Attente!

Dents d'acier sur chair de  bois,

elle sont si blanches, dures et sèches...acérées!

des lignes...Noir...Blanc...

Carnaval de mots sur un Rio du Pas-de-Calais...

écrire pour écrire, ils étaient nombreux à se rassurer...tenter de vivre!

Moi aussi, j'ai cru sentir monter un truc,

un truc à dire...

Mais non finalement je fais du vent , je broie du noir, sali des pages,

tombe dans le panneau, je croie transmettre...

espérant servir à quelque chose,

à griffonner...

               sur écran...

                              papier ou vent...

avec des fautes s'il vous plaît,

un maximum et on sera quitte!

qu'il  pleuve des idioties...des centaines par page!

Disloquez ce ramage, à mon insu...

bête, phénom'.................HAINE!

Assez d'erreurs pour n'être pris au sérieux que par des correcteurs, des censeurs, des ....

AAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH!!!!!!!!!!!!!!

...comme s'il en pleuvait!

 

 

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15 juin 2017

BRRRRR...Gzit...

Extrait...

 

J’écris ces mots aujourd’hui comme séduirait une sorcière au regard empoisonné. Ce sont des lettres dans un présent dont tu es l’étranger. Tu connais pourtant ta position exacte, la date et la température approximative ; moi je n’y entend rien. Voici la magie de la phrase, non encore advenue, invoquée à demi voix, à semi verbe.

Je ne te parlerai de rien. Je voulais écrire un roman, encore, mais ce n’est pas cela que je fais finalement. Se perdre demande une certaine abnégation que le narratif stricto sensu m’interdit. C’est ce vecteur potentiel que je souhaite chevaucher ; celui qui part d’un ici, différent de vous à moi (changement de cible?) puis se dirige comme il peut au travers de pensées qui prennent corps dans ces caractères, bons ou mauvais... Typographiques en tout cas.

A n’en pas douter, narration se fera. Ne s’insinue-t-elle pas toujours de toutes façons ? Comme cet anthropomorphisme agaçant qui pousse chacun à reconnaître un visage dans un ciel nuageux ou dans une poignée de vis abandonnée sur un établi poussiéreux. La narration guette la moindre incartade, le moindre écart d’écriture pour survenir et s’imposer alors. Elle est souveraine de l’anecdote, impératrice sur son plan. Je tenterai donc de ne pas narrer, de ne pas navrer non plus j’espère. Elle gouverne son plan ? Ceci impliquerait semble-t-il  un dessein, une planification ; à moins que ce ne soit un dessin, tracé sur carte normée. L’histoire, comptée (on s’en rend compte) par un narrateur se teinte de subjectivité quand elle n’en devient pas un concentré. Il faudrait, pour contrer cet état de fait, un texte qui soit narré par de multiples personnes, extérieures chacunes à l’action.

Arrrgh ! Encore un piège : l’action !

Bon, déminage oblige, Je m’arrête et je respire avant de continuer. Sans que vous ne puissiez avoir le loisir de le vérifier d’ailleurs. Dès lors que nous avons mis en évidence cet axiome (d’accord vous n’aviez pas besoin de moi pour cela), je pourrais vous transmettre n’importe quelle information sur les conditions d’écriture de ces lignes. Tic tac toc… Allitération peut être, ineptie sûrement ; je reprends :

Arrrgh ! Encore un piège : l’action !

 

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01 avril 2017

tendre enfance

Clara n'en pouvait plus de cette chambre !

C'était une chambre de poupée, pour elle, qui n'en était plus vraiment une. Elle haïssait tout ce quelle pouvait embrasser du regard : le portemanteaux peint en vieux rose, la tapisserie à rayures verticales, les poupées de porcelaines rangées méticuleusement sur cette horrible étagère rose bonbon. Elle se sentait étrangère à ce lieu qui paradoxalement était son seul refuge face au monde.

Quand sa mère l'appela, elle fit s'emblant de ne pas l'entendre, mais finit tout de même par descendre au bout de plusieurs sommations agrémentées de menaces visant son téléphone portable, et en particulier, sa localisation dans la chambre à coucher ! L'argument était récurent mais assez fort pour balayer toute véhémence de la part de la gamine. Le repas fut encore plus plombant que d'habitude. Son père n'était pas là, tout comme Fred. Elle se retrouvait donc seule face à sa génitrice . leurs assiettes respectives remplies de cabillaud surgelé et de lasagnes fumaient comme masquer le vide qui se dessinait entre les deux personnages. Une fois son erzats de plat italien ingurgité, l'adolescente pré-pubère monta les marches des escaliers deux à deux pour finir sa course dans son cher antre détesté.

Un coup d'œil circulaire sur le mur de sa page FB lui permit de voir que Cathy et Cynthia s'affichaient maintenant en BFF. Dès demain ce seraient les snapchats et les smileys à la pelle qui pleuvraient...

"De toute manière c'est des tassepés !" dit-elle en jetant son Smartphone sur son oreiller.

Debout sur son matelas, elle tournait cherchant une occupation pour la tirer de cet ennui. Soudain, à la vue des poupées de porcelaine, ses yeux se mirent à briller d'une lueur nouvelle. Les saisissant, elle se mit à genoux sur son lit avec les marionnettes entre les cuisses.

Elle les haïssait tant !

Il faut savoir que si elle en avait déjà pas moins de douze, c'était à cause de sa tante Mercedes qui avait décidé un jour que c'étaient des cadeaux dignes d'une princesse. En tant que princesse à sa marraine chérie, elle en écopait au moins d'une par an (quand ce n'était pas de deux).

Et bien aujourd'hui, elle ne serait plus victime du sort : c'est elle qui dicterait ses règles à ces pimbêches en terre cuite.

Joignant ses mains dans un geste gracile, elle s'échauffât les poignets comme un chirurgien avant une intervention.

"à nous deux salope !" lui lançât-elle tandis qu'elle décollait la chevelure brillante de la petite figurine passée de mode.

Quand le scalp fut retiré, elle découvrit une fontanelle ouverte et démesurée au sommet du crâne de la poupée.

Cette particularité l'interpellât. C'est ce qui sauva la poupée d'une fin atroce. Vexée d'avoir stoppé elle-même son élan destructeur, elle retourna la poupée comme une crêpe et couvrît son jupon d'insanités écrites au marqueur turquoise.

Avant de dormir, elle passerait plusieurs heures blottie contre son oreiller à arpenter les forums de drague pour ados. Un jour ou l'autre il faudrait qu'elle se décide à parler à ce jeune et beau garçon qui s'assaillait tous les matins à côté d'elle dans le bus.

Pour l'instant, elle ne s'en sentait pas capable. Heureusement, avec différents profils sur des sites de rencontre, elle pouvait apprendre ce qui plaisait vraiment aux mecs.

Ses comptes, Tinder, meetic, badoo lui permettaient de s'évader un peu. Grâce à une image bidon, en 72 dpi, chipée sur la toile, elle cambrerai son égo de petite fille précoce pour savoir si elle pourrait séduire les hommes.

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30 août 2016

tiens un chroniX "

Bonjour,

 

Je ne suis pas habitué à cet exercice, mais voilà : J'ai envie de partager ma dernière lecture!

Ce n'est pas tant parcequ'elle a occupée une nuit d'insomnie quue parce qu'elle traite d'un univers sur lequel j'aime user mes yeux!

 

LE GORE!

 

Oui d'habitude, c'est au cinema (ou en tout cas sur un écran) que je dévore (à l'instar de leurs immondes protagonistes) des nanars sanglants!

Tout cela pour dire que finallement changer de médium c'est amusant!

Bref il faudra peut être que je lache le titre un jours!

 

10000 litres d'horreur pure de Thomas Gunzig chez Au diable vauvert...

 

Tiens, c'est illustré par Blanquet...Cela ne gâche rien de mettre plusieurs tordus pleins de talent sur le même ouvrage.

Eh bien en bref, c'est jouissif à souhait : je ne raconterai pas le début de l'histoire tant il est banal (c'est la encopre un des codes du nanar!) mais je m'attaquerait à la suite!

On y trouve : des tentacules, des maisons isolées, des foetus cannibales vivants, des mutants et des blondasses, des geeks et un peu d'amour (vraiment un tout petit peu dans la scène du godemiché).

 

Vous l'aurez compris Mr Gunzig ne fait pas dans la demi mesure!

 

C'est agréable de voir qu'il a assez d'humour pour sous-titrer son roman :modeste contribution à une sous culture.

Bien que le style soit quelquefois un peu prosaique, on se fend bien la poire!

 

Après tout c'est bien là le but de ce genre!

 

C'est écrit gros (un peu trop à mon goût, mais cela fait son petit effet!

 

Bon je vais pouvoir retourner à des lectrures un peu moins....

 

...Moins quoi?

 

To be continued

 

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14 juin 2016

Le début d'un nouveau roman qui sent la noisette bien évidement!

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Mardi 11 mai, 17h28, Michel Boniface quitta précipitamment  la tour de la société générale où il travaillait  depuis 20 ans. Cette hâte n'avait rien d'exceptionnelle chez lui. Michel agissait de la sorte en toute chose, il vivait en accéléré, de peur sans doute de manquer un bout de son existence ; un morceau qui serait malencontreusement tombé entre deux des fadaises qui qualifiaient son quotidien.

 Aujourd'hui on aurait presque pu dire que Michel était en retard ; d'habitude, il mettait un point d'honneur à être déjà dans son véhicule à 17h25.

Une quinzaine d'années auparavant, il avait calculé que s'il quittait le turbin 5 minutes avant sa fin présumée, et ce tous les jours de sa vie, il devrait en quelque sorte prendre un RTT à l'œil de plus de 1000 heures, ce qui équivalait dans son petit calcul d'horloger bavarois à environ 90 jours de vacances en plus.

Evidemment, Michel ne s'était jamais demandé s'il ne serait pas plus salutaire pour lui de travailler un peu plus que de se retrouver dans son juste foyer avec sa tendre et distante compagne.

Michel avait toujours tenu à ces petites économies qui grandissent un homme à grand coups de microscope.

 Jamais ces saines habitudes transmises par sa mère (que tout le voisinage surnommait "double râteau") n'eurent à être remise en question. C'était satisfaisant et c'était très bien ainsi. Comme disait sa mère :"Si l'on pouvait tamiser la fumée, on consommerait moins de bois dans l'hiver..."

Avec Julie, sa femme, ils avait fini par gagner assez d'argent pour se payer un "home sweet home" à la hauteur des seuls rêves auxquels ils pouvaient encore prétendre. Un pavillon de couleur vieux rose, posé sur un lopin de terre à peine assez grand pour ne pas y écraser Rita en allant chercher le courrier. Rita, c'était ce vieux basset tout droit sorti d'un calendrier des postes qui donnait un charme désuet à la bicoque.

Ce chien qui aurait sans doute été plus heureux s'il fut en porcelaine,  se tenait, qu'il vente ou qu'il neige au même endroit, masquant la porte du purgatoire douçâtre et quotidien de son maitre.

La voie ferrée qui jouxtait le mur de clôture était arrivée avec son vacarme infernal à chasser jusqu'aux cafards de ce havre de paix.

17h37, Michel gara sa voiture sur le parking gratuit du super marché le plus proche et rejoignit en clopinant  l'abris bus le plus proche. Oui, Michel avait su cacher quelque chose à sa moitié :  à la mort de sa mère, avec l'héritage il avait acheté une belle voiture.

La berline ne se fatiguait pas trop, mais elle lui procurait cet avantage : avant de rentrer dans son nid douillet, il se sentait quelqu'un d'autre un instant, il se sentait bien, libre.

Mais l'euphorie ne durait jamais ...

Déjà le bus écrasait les montagnes jaunes dessinées sur le bitume.

La tête appuyée sur la vitre grasse du transport public, il songeait souvent à ce qui se passerait si Julie ou les enfants en venaient à apprendre l'existence du bolide.

Une fois seulement Frédéric son ainé avait faillis le voir : il traversait hors d'un passage piéton alors que son père rentrait par son chemin des écoliers maintenant coutumier. Depuis ce jours il faisait plus attention, au début il se grimait d'une fausse moustache achetée chez inter-blagues, puis rapidement cette idée lui parût si ridicule qu'il l'abandonnât au profit d'un trajet mieux étudié.

Tous les papiers d'assurance lui étaient transférés directement au travail, cela minimisait les risques que Julie se doute de quoi que ce soit, d'autant plus que le matin elle avait pris pour habitude de trainer au lit jusqu'à 11h et qu'aux horaires de sortie de son mari, elle ne pouvait en aucun cas manquer un épisode de son feuilleton : Péril à St Tropez!

18h00, acclamé par le bruit d'un train de marchandise, Michel poussa la grille du portail qui semblait pour une fois muette. Rita haussa un de ses sourcils protubérants, espérant une flatterie du seigneur des lieux, mais elle se remit en boule voyant la démarche pressante de celui-ci.

Comme tous les jours, il s'écria : "Salut la compagnie" en entrant. Et comme tous les jours, rien d'autre que le tic tac de la Comtoise et les dialogues lointains d'un sitcom lui parvinrent.

"Frédéric est dehors évidemment!" dit-il comme pour lui même en voyant le porte-manteaux nu à la branche qui aurait dû retenir le blouson de son ainé. La petite Clara essayait de faire ses devoirs dans sa chambre, mais d'ici quelques minutes elle délaisserai ses livres au profit de facebook.

Michel fit le tour de la pièce pour éteindre chaque source de lumière inutile et finit par venir se placer dans le dos de son épouse avachie sur le canapé. Se relevant sans quitter des yeux l'écran plat, elle ramassa son verre et demanda :"Alors c'était bien, pfff... Tu veux manger quoi ce soir?"

L'homme restait debout appuyé au dossier du canapé ; il ne répondrait rien. Il connaissait trop bien Julie, il savait que si elle lui posait des questions ce n'était pas pour obtenir des réponses, mais pour occuper l'espace, ou pour masquer sa maladresse éthylique.

Tandis qu'elle s'éloignait vers la cuisine, Michel se laissa choir à son tour dans le divan encore chaud.

Ah si seulement il pouvait encore sentir cette chaleur en live, sur son ventre ou sur ses cuisses. Il en venait à se demander si c'en était trop d'espérer voir danser son infortunée compagne sur ses couilles moites.

Un spot de pub aux couleurs acidulées stoppa net ses pensées :" Avec ses nouveaux agents actifs au beurre de lymphocyte bio...". D'un geste précis il éteignit le combiné, laissant  la pièce dans un silence aussi pesant que précaire.

Julie devait lui parler de la salle d'à côté, mais il ne comprenait  pas, d'ailleurs il ne ferait aucun effort pour cela.

Cette femme l'ennuyait tant!

Aussi profondément que tout le reste de sa petite vie en fait. Ce n'était pas qu'elle fut vraiment méchante, car au contraire, elle pouvait se montrer très prévenante de temps en temps, mais il était vraiment las de cette vie de carte postale bon marché.

Il était toujours indulgent avec sa moitié, car d'une certaine manière c'était la seule femme qui se soit jamais intéressée à lui.

Elle n' était pas laide, bien qu'elle lui inspirât souvent un certain dégoût.

On pourrait même dire qu'elle était jolie parfois ; quand elle parlait à sa sœur Myriam au téléphone par exemple. Dans ces rares instants, son visage s'éclairait d'un radieux sourire qui disparaissait dès que le combinait frappait l'enclume de son socle.

Michel essayait de ne pas trop penser à toutes ces choses. Au fond, faute de mieux, il aimait bien cette vie, il se disait qu'en définitive, elle aussi...

Ils avaient construit une famille, non par nécessité mais parce qu'il fallait bien disait-on. Puis il avait fallu rembourser les emprunts et subvenir aux besoins grandissant de cette marmaille sévère ; ainsi allait la vie...

L'odeur acre qui émanait de la cuisine rappelait à Michel que comme tous les Mardis, Julie préparait des quenelles avec une purée mousseline. Elle tenait cette recette d'une de ces abominables tantes espagnole et la lui resservait toutes les semaines depuis qu'elle avait décrété que c'était là son plat favori!

Tout en remettant sa veste élimée au col, il lui lançât sans même prendre la peine d'articuler vraiment :"Chérie, j'avais oublié de te dire, ce soir il y a Henri, un collègue du troisième, qui fait un pot pour son départ en retraite, faut que j'y aille..."

Fermant la porte, il maudissait son incapacité chronique à mentir correctement.

Ce soir il devait rendre visite à une vieille connaissance. Mathilde était sa seule amie d'enfance, mais Julie en était si jalouse qu'ils ne se voyaient plus désormais.

Elle lui avait fait passer un mot discret au boulot pour l'inviter à son quarante-cinquième anniversaire.

Il ne pouvait décemment pas décliner cette invitation.

Scrutant négligemment sa montre, il se rendit compte que l'irritant foyer l'avait poussé à quitter les lieux assez tôt. Il rejoindrait donc sa voiture à pied.

Cela ne pouvait pas lui faire de mal de marcher un peu de toutes façons.

 

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22 mai 2016

présentation de mon roman SEMIOTIQUE DE LA CRASSE

Sémiotique de la crasse

 

Alors c'est l'histoire d'un mec.... / déjà vu, on reprend...

 

Ce n'est donc pas l'histoire d'un homme.

Est-ce l'histoire d'un soushomme?

En tout cas, ce sont les bribes éparses de souvenirs d'un être rongé...

 

Sémiotique, pfffff!

crasse, beuark!

 

On peut donc dire que la sémiotique de la crasse est un roman sale...

Dirty-realism, existentialisme...

C'est avant tout un roman sans-isme!!!

 

Ce sont les errances d'un personnage, trop humain pour être un homme viable dans un univers hostile...

...notre univers!

 

Un homme lacunaire, ange déchu en errance parmi nous.

 

Ce témoignage se fait porteur d'un questionnement sur la causalité lié au dead end dans lequel on se trouve.

Est-il un symptome de notre époque? Ou les tracas de ce monde seraient-ils plutôt les résultats d'acteurs tels que notre narrateur?

 

Un message d'amour fébrile, une élegie avec le sourire (parfois), une frasque remplie de larmes (souvent)...

 

Non, ce n'est pas une histoire qui vous fera rêver.

 

C'est un roman à la recherche d'une épitaphe...

 

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20 mai 2016

naufrage de la sagesse...

Beaucoup d'humains sont polyglotes...

...Jusque là tout va bien...

 

Avez-vous déjà posé la question suivante autour de vous :"Sais-tu dire sagesse dans une autre langue?"

 

Peut être, comme moi, tomberez-vous sur les exceptions qui confirment la règle en vous l'épelant dans 4 langues avec le supplément verlan.

Mais ce ne sera sans doute pas la majorité.

Pourtant nous savons (quasi) tous traduire guerre, torture, arme, tuer, violer, voleur dans une autre langue!

 

Je fais partie de ceux qui pensent encore (éternel pragmatique) que la sagesse est l'aboutissement de toute philosophie, et donc par extension de toute existence humaine.

 

Méfiez-vous si vous parlez de sagesse en public vous passerez pour :

1 . un fou

2 . un drogué

3 . un gourou

4 . un réveur

5 . un idiot

6 . un mutant

 

Ne sachant dans quelle catégorie me ranger, votre humble serviteur a lancé un dé à six faces : zut j'ai fait 5!

 

Si nous avons balayé ce terme hors du langage quotidien, à quoi tendons nous vraiment?

 

Est-ce qu'une question semblant si prosaïque ne pourrait pas nous aider à comprendre les malaises à répétition de notre civilisation?

 

 

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